Je sais pas pour vous, mais moi je trouve que l'hiver ça va bien cinq minutes, cette saison foireuse n'a que trop duré. Alors je vous propose de fast forwarder un peu le cours du temps et de se retrouver dans quelques semaines, vers le milieu du printemps, quand ce titre stupide de Nicki Minaj sera en rotation lourde partout sur terre. Produit par l'inénarrable RedOne, "Starships" s'éloigne un peu du style habituel de la rappeuse pop, et ne fait pas dans la dentelle, avec un refrain fête foraine à faire crever de jalousie un LMFAO et des lyrics inspirés du genre "mets quelques Bud dans la glacière et allons faire un bon barbecue sur la plage". On tient donc notre "Party In The USA" 2012, et c'est une bien bonne nouvelle.
EXID est un nouveau groupe de Coréennes qui sourient, qui dansent et qui chantent, lancé par Loen Entertainment et produit par Shinsadong Tiger. Mais qui sont ces gens, hurle la foule. Il s'agit en fait de la maison de disques et du producteur des T-ara. Ce qui implique que des tubes gogols ultra accrocheurs sont à attendre de cette nouvelle formation. Bah oui, la k-pop, c'est pas Bonny Bear.
"Whoz That Girl", le premier single, est donc un titre frais d'ultra-processed pop, avec une ligne de basse 80s de bon aloi qui apporte la petite touche old school bien connue des fans de T-ara. Néanmoins, il manque encore un peu de charisme à l'ensemble pour faire la différence sur le marché ultra-saturé de la bonbonnière k-pop.
Oui oui je sais, la Saint Valentin c'était hier, j'ai un peu de retard. Mais je n'allais pas laisser passer cette jolie chanson de la petite Charli XCX, next big thing ado du moment dont les blogueurs s'arrachent le moindre mp3. Votre coeur va fondre, Saint Valentin ou pas.
Les historiens de la musique pop vous l'expliqueront bien mieux que moi, Whitney Houston fut l'une des premières grandes voix du r&b contemporain tel qu'on le connait aujourd'hui, celui des tubes FM (bien avant les Mariah Carey, Christina Aguilera et autres). Ensuite, c'est toujours la même rengaine. Les tabloids vont publier un petit best of sensationnaliste de sa vie de frasques. Popjustice se fendra d'un article émouvant (tiens d'ailleurs le voilà). Sur Twitter, on pourra lire "Whitney a cassé sa pipe... à crack" et autres bons mots. Des gens se feront un plateau télé devant Bodyguard. Son dernier Greatest Hits sera repackagé à la hâte. Et puis, ce soir, personne ne manquera de lui rendre hommage aux Grammys.
Une fois tout ce petit business post mortem plié, il restera toujours "How Will I Know", une chanson géniale, simple et funky, qui, dans la mémoire collective, restera toujours un peu dans l'ombre du succès de "I Will Always Love You" et "I Wanna Dance With Somebody". Parce que bon, la drogue, la mort c'est triste et tout ça, mais il ne faudrait pas que ça nous empêche de rigoler devant des sketchs de Mad TV ou de danser sur cette irrésistible sucrerie pop des 80s.
Bercy, conférence de presse du Music Bank, quelques heures avant le début du concert. Devant une poignée de journalistes hagards, dont la moitié semble passablement blasée, les leaders des huit groupes à l'affiche du festival de k-pop répondent aux questions des médias français. Ambiance surréaliste, avec d'un côté des mégastars habituées aux ovations dans les pays asiatiques où ils se produisent, et de l'autre un accueil glacial de la part d'une partie des gens de l'ombre des médias. Les relations entre le management des SNSD, en promo pour leur album, et les petites gens du media planning français ont apparemment été compliquées. Entendu sur place : "Elles veulent être traitées comme Madonna, mais ici elles sont personne, et on va les renvoyer vite fait dans leur pays". Hum.
Pour le photoshoot, chaque groupe défile à tour de rôle, dans des poses préprogrammées répétées à l'infini, tels des robots qui ressembleraient presque à des humains. Chacun est à sa place, les sourires sont figés, tantôt sincères, tantôt fatigués. Le groupe U-Kiss clame 4 ou 5 fois "BONJOUR ! Nous sommes les U-Kiss" en français, en envoyant des bisous de la main aux photographes (des u-kisses, donc), ce qui a donné un moment awkward et hilarant. Les groupes de k-pop ont ce côté effrayant, over the top, irréel, et bien que durant ces deux jours de promo intensive, mes amis et moi étaient entourés de fans bienveillants, on sent que tout autour de nous, dans la vraie vie, les gens qui découvrent l'univers bizarre de cette armée de bogosses asiatiques sont plus que réservés, avec parfois une condescendance vaguement xénophobe. On le voit dans le traitement médiatique du concert. "Ces groupes en plastique", "les boybands des 90s ont fait des bébés, et ils sont coréens", et autres comparaisons aux Spice Girls, 2Be3 ou Tokio Hotel, on a eu droit à tous les clichés possibles, sans grande surprise. Mais les clichés, pourquoi pas. Ils sont souvent vrais, après tout. Oui, la k-pop, ce sont les mêmes recettes que les groupes d'eurodance des 90s. Mais c'est aussi bien plus que ça.
Sur place, pendant le concert à Bercy, des fangirls pleurent et hurlent autour de nous, agitant des lightsicks et chantant en coréen. Dans la fosse, un peu vide par endroits (la date n'est pas vraiment sold out), on sent toute la ferveur et l'hystérie propre aux fans de bubblegum pop. Alors oui, c'est ridicule. Mais c'est aussi émouvant. Et mes amis et moi, loin de trouver tout ça pathétique, avons été très vite contaminés par cette ambiance. Le show, parfois très cheesy (j'en fais un petit résumé dans un article de Pop Heart) n'en est pas moins incroyable.
Si je suis aussi "indulgent" avec la pop coréenne, parfois franchement mauvaise, c'est que je partage avec beaucoup de fans une fascination sans borne pour les mélodies sucrées, les prod' bétonnées et la beauté asiatique. La k-pop est juste la synthèse de tout ça, et donc c'est un peu la musique que j'attendais depuis toujours. Incroyablement excitante, écoeurante parfois, à la fois merveilleuse et ridicule, elle utilise les éléments pop et les concentre en doses dangereuses pour la santé mentale. Je n'ai pas pu aller, plus jeune, à des concerts des New Kids On The Block, ni à une tournée Dance Machine. Mais j'ai fait le Music Bank, qui constitue mon coming out d'adolescente de 13 ans coincée dans un corps et dans un âge qui ne me correspondent que moyennement (ceux d'un pédé de 33 ans). Car au fond, moi aussi je voudrais que les U-Kiss me fassent des bisous.
La captation du concert parisien du Music Bank sera diffusée sur la chaîne coréenne KBS le 18 février à 15h (heure française).
Son premier album avait enchanté l'année 2008, une période assez pauvre en choses pop excitantes (dans mes souvenirs, il y avait les Ting Tings et MGMT, ça fait pas lourd). A l'époque, souvenez-vous, la petite néo-zélandaise Ladyhawke avait conquis quelques amoureux de pop et quelques gens bien habillés avec son tube "Paris Is Burning". Elle revient cette année accompagnée de ses mélodies 80s, ses synthés et ses guitares, avec un nouveau disque, Anxiety. Le premier extrait, "Black White & Blue" pourrait etre qualifié de rétro-psyché-pop sautillante avec un cool refrain.